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USA/IRAN lettre du PCF au président de la République

Il y a 1 mois

Monsieur le Président de la République,

La France doit tout mettre en oeuvre pour stopper le périlleux engrenage militaire en Irak et enrayer la montée croissante des tensions avec l'Iran que le président Donald Trump déchaîne et attise. En aucune manière notre pays ne doit soutenir cette surenchère, ni s'engager dans des opérations militaires nouvelles en Irak ou en Iran. Alors que les menaces s'accumulent, le Parlement doit être réuni en urgence pour en débattre.

Depuis plus de quarante ans maintenant, les conflits se multiplient au Moyen-Orient, interagissent et se métamorphosent pour créer un état de guerre permanent détruisant l'ensemble des sociétés.

Aucun de ces conflits ne s'est réellement achevé sans que ne s'ouvre un nouveau front. Les ingérences étrangères se multiplient, des acteurs régionaux caressent des projets hégémoniques suscitant une instabilité grandissante et un surarmement exponentiel.

Après la rupture de l'accord sur le nucléaire et l'adoption de sanctions drastiques contre Téhéran, le président américain souffle sur les braises pour enflammer la région en intensifiant les frappes aériennes qui ont conduit à l'assassinat du général iranien, Qassem Soleimani. Cette politique brutale, qui suscite d'innombrables inquiétudes avec des risques d'escalade militaire illustrés par les tirs de missiles iraniens ce 8 janvier, ne manquera pas de souder et de revivifier les forces autoritaires et conservatrices qui sévissent contre leur propre peuple. Dans l'immédiat, elle peut avoir des conséquences imprévisibles, si les pays membres de l'OTAN décident d'embrayer le pas aux Etats-Unis.

Le président américain a ordonné l'envoi de 3.500 soldats supplémentaires en Irak doublant de ce fait les forces d'occupation. Les menaces et les provocations de la Maison Blanche évoquent désormais des frappes sur Bagdad alors que le parlement irakien vient d'exiger le départ des troupes étrangères du pays. En Iran, le pouvoir des mollahs, pourtant fragilisé par les puissants mouvements populaires de novembre et décembre dont la répression aurait fait près de 1.500 morts, se trouve aujourd'hui prodigieusement renforcé à l'occasion du deuil national décrété par les autorités. D. Trump, avec l'agressivité dont il est coutumier, veut ajouter l'humiliation et le racisme sans fard en menaçant de bombarder 52 sites culturels iraniens.

De leurs côtés, bloqués et assujettis par leur engagement dans une « coalition anti-Daesh » dirigée par les Etats-Unis et pour des résultats médiocres, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni se contentent d'un communiqué commun appelant à la « désescalade » mais sans condamner l'initiative inconsidérée et illégale prise par un D. Trump pourtant largement critiqué par son propre Congrès. Pire, à la veille de la réunion des ambassadeurs des pays membres de l'OTAN, Londres et Paris ont déjà exprimé leur « entière solidarité » avec le président D. Trump.

Cet alignement et cette allégeance constituent une grave erreur et une faute lourde de conséquences.

La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, et les pays membres de l'Union européenne devraient au contraire refuser de s'inscrire dans la perspective d'un conflit armé ou larvé avec l'Iran. Il est plus que temps de faire entendre une autre voix, celle de l'intérêt des peuples et de la paix.

La France doit dans l'immédiat suspendre sa participation au commandement intégré de l'OTAN et s'opposer à tout engagement militaire occidental supplémentaire au Moyen-Orient. L'expérience des dernières décennies a largement montré vers quelles abîmes ces engagements précipitent les populations du Moyen-Orient. La politique de la France ne doit pas s'inscrire dans la logique des puissances régionales et de leurs alliés ou suzerains internationaux ; elle doit, au contraire, viser une rupture avec ces dynamiques dévastatrices.

Nous considérons que la France doit condamner toutes les actions militaires unilatérales et toutes les provocations, qu'elle doit interpeller et encourager le secrétariat général de l'ONU pour conduire une mission de paix actée par le Conseil de sécurité avec un triple objectif : la cessation immédiate de toutes les opérations militaires, la protection des populations civiles et la construction d'un cadre commun de sécurité collective dans la région.

Eliane Assassi
Présidente du Groupe CRCE au Sénat

André Chassaigne
Président du groupe GDR à l'Assemblée nationale

Fabien Roussel
Secrétaire National du PCF

Paris, le 8 janvier 2020.